Mini Transat

Philippe Casenave-Péré : « La Mini Transat colle parfaitement à nos valeurs »

Annoncé début juillet, le partenariat titre entre la Mini Transat et Legallais, déjà sponsor de Fabien Delahaye en Class40, a été officiellement signé ce vendredi après-midi dans le cadre du Grand Pavois de La Rochelle. L’occasion pour Sailorz d’échanger avec Philippe Casenave-Péré, président depuis 1999 de l’entreprise caennaise, qui emploie environ 1 500 personnes pour un chiffre d’affaires de 450 millions d’euros.

A quand remonte l’investissement de Legallais dans la voile ?
Etant moi-même plaisancier, j’ai toujours fait de la voile, mais pendant très longtemps, je n’ai pas voulu associer cette passion à l’entreprise. Jusqu’au jour où mon fils (Pierre Casenave-Péré), qui était étudiant aux États-Unis, a voulu courir la Mini Transat, à 20 ans, ce qu’il a accompli en 2019, ça m’a fait rentrer dans ce monde de la course au large. Il a ensuite fini ses études et en rentrant, il a voulu faire du Class40, c’est à ce moment que l’entreprise s’est lancée, nous l’avons accompagné deux ans sur un bateau d’occasion (Mach 40.3), ce qui lui a permis de faire une Transat Jacques Vabre (8e avec Kevin Bloch), puis la Route du Rhum 2022 (25e). Comme il n’avait pas l’intention de faire ça toute sa vie, nous avons ensuite recruté un skipper professionnel, Fabien Delahaye, pour lequel nous avons décidé de construire un nouveau bateau (Lift V2), et avec qui nous allons terminer un cycle de quatre ans avec la Route du Rhum qui part dans un peu plus d’un mois.

Qu’avez-vous trouvé dans la voile pour justement vous relancer il y a quatre ans avec Fabien ?
D’abord, nous sommes une entreprise de l’ouest de la France, basée à Caen et très présente sur les façades maritimes, les trois quarts de nos salariés habitent à moins de 25 kilomètres d’une côte. Surtout, nous avons constaté que nos valeurs étaient en parfaite correspondance avec celles de la voile, ça nous permet de véhiculer une image d’entreprise dynamique, courageuse, passionnée, enthousiaste, qui n’a pas peur de se confronter aux éléments, autant de choses qu’on retrouve dans la vie professionnelle, finalement. Et les budgets sont tout à fait convenables en Class40.

Avez-vous des enjeux de visibilité externe ?
Ce n’est pas la priorité, parce que nous sommes une entreprise dont les clients sont des professionnels, nous ne sommes pas une marque grand public, mais véhiculer l’image de Legallais sur les mers, c’est très positif pour nos clients et nos fournisseurs. On fait ça surtout pour embarquer nos salariés, leur donner l’occasion de se passionner pour quelque chose que certains ne connaissaient pas du tout. Et ça marche très bien, il y a une grande fierté de nos salariés vis-à-vis de cette opération, on arrive à en intéresser une grande partie autour de ce projet.

Vous parlez de « budget tout à fait convenable », pouvez-vous nous préciser le montant ?
Non, je ne vous le dirai pas, mais on va dire qu’on est un bon sponsor de Class40, avec un très bon bateau qu’on a construit, un très bon skipper à qui on a voulu donner les moyens de performer. On a voulu faire les choses correctement, donc on est dans la moyenne des bons budgets de la Class40 [un bon budget tourne autour de 500 000 euros, NDLR]. Et si on ne nous voit pas forcément beaucoup sur les pontons, on fait beaucoup d’opérations avec nos clients et nos salariés. Ce n’est pas un chèque qu’on fait au skipper et ensuite, on ne fait plus rien, on est au contraire très actifs.

« La Mini Transat est vraiment
la « source » de la course au large »

Avez-vous des exigences de résultats vis-à-vis de Fabien ?
Non, ça se passe en bonne intelligence avec lui, on sait combien ce sport est difficile, combien il y a d’aléas, entre la météo, la mer, la casse technique, ce serait à mon avis contre-productif et pas du tout dans notre ADN de mettre une quelconque pression à Fabien. Il n’en a d’ailleurs pas besoin, il se la met suffisamment tout seul ! Maintenant, toute l’entreprise est évidemment très fière quand il fait un podium.

Ce projet Class40 va-t-il continuer après la Route du Rhum ?
Non. Au bout de six ans de Class40, dont deux Route du Rhum, on a considéré qu’il fallait passer à autre chose, on a donc décidé d’arrêter ce projet et de se tourner vers la classe Mini pour devenir sponsor titre de la Mini Transat pour les deux prochaines éditions.

Pourquoi ce choix ? Et avez-vous étudié d’autres options ?
Bien sûr ! On aurait pu continuer en Class40, mais il n’y avait plus l’attrait de la nouveauté, on a forcément aussi pensé à l’Imoca, mais d’abord, on rentrait dans des budgets très différents, ensuite, dans un état d’esprit qui n’est pas tout à fait le même. On a considéré que la Mini collait parfaitement avec nos valeurs. Sur cette course, on fait beaucoup avec peu et ça nous plaît bien, ça nous correspond infiniment mieux. Comme je vous l’ai raconté, j’ai pu approcher de près la classe, c’est vraiment la « source » de la course au large, la plupart des grands skippers sont passés par là, j’ai trouvé des gens formidables, intelligents, compétents, solidaires, passionnés, désintéressés, tout ça ajouté au défi de traverser l’Atlantique sur un bateau « misérable » ! Ça m’a fasciné et cet état d’esprit nous parle bien, je pense que ça va passionner nos salariés aussi.

L’investissement est le même par rapport au projet Class40 ?
Je ne sais pas exactement, parce que la communication et les relations publiques sont assez différentes autour de cette course, il faut aussi arriver à être présent sur les courses de qualification, qui sont assez nombreuses, on va planifier ça pour 2027.

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Photo : Vincent Olivaud

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