La Classe Mini a officialisé le week-end dernier le nouveau parcours de la Mini Transat pour les éditions 2027 et 2029, il s’élancera de La Rochelle à destination de Salvador de Bahia via Las Palmas (Canaries). Sailorz revient sur ce choix.
Après trois éditions entre Les Sables d’Olonne et Saint-François, en Guadeloupe, la Mini Transat proposera en 2027 et 2029 un parcours entre La Rochelle et Salvador de Bahia qui rappellera quelques souvenirs à certains anciens, puisque déjà emprunté six fois dans l’histoire de la course, de 2001 à 2011 – La Rochelle a également accueilli le départ (à destination du Marin, en Martinique) en 2017 et 2019. Ce choix, voté en conseil d’administration lors de l’Assemblée générale du 10 janvier dernier, est le résultat d’un appel d’offres, lancé fin 2024 par la classe, qui avait donné lieu à deux dossiers de candidature, présentés en novembre dernier aux administrateurs de la classe lors d’un grand oral.
Le premier, porté par l’agence finistérienne Sea to See de Gwen Chapalain (qui organise notamment la 1000 Race et la Course des Caps en Imoca), proposait un parcours entre Les Sables d’Olonne et les Saintes (au sud de la Guadeloupe) via Lanzarote ou Fuerteventua (Canaries). “Les Sables d’Olonne faisant partie du club des plus belles baies du monde, on proposait une arrivée dans la plus belle baie du monde, celle de Terre-de-Haut, il y avait un gros enthousiasme de la part de la ville, du département et de la région, détaille Gwen Chapalain. Les Saintes correspondaient parfaitement à l’ambiance Mini, et pour les 50 ans de la course (fondée en 1977), on proposait de renouer avec l’esprit d’Antigua, qui a accueilli l’arrivée des premières éditions.”
Le second dossier, à l’initiative de la Communauté d’agglomération de La Rochelle (sous le nom de Collectif rochelais), revenait donc au parcours des années 2000, avec une escale canarienne à Las Palmas de Gran Canaria. “Nous avions opté pour le Brésil pour nous différencier des éventuels autres dossiers de candidature, explique le président du Collectif rochelais, Antoine Grau, maire de Lagord et élu de l’agglomération – jusqu’en mars, il ne se représentera pas. Si on avait projeté un trajet vers les Antilles, on prenait le risque de ne pas trop se démarquer. Et de l’avis même des skippers, ce parcours est assez excitant avec la traversée de l’équateur et du Pot-au-noir.”
7 voix contre 4
“C’est vrai que par rapport au parcours plus orienté alizés vers les Antilles, celui-ci est plus varié, et puis, le Brésil est une belle destination, il y a quand même un côté bien dépaysant, tu sens que tu as vraiment changé de continent, commente de son côté Yves Le Blevec, trois Mini à son actif (dont une victoire en 2007), toutes entre La Rochelle et Salvador de Bahia. J’ai suivi le dossier d’assez près, parce que j’ai été consulté par les deux candidats en lice, ça n’a pas dû être facile pour la classe de se prononcer, parce que c’étaient deux beaux projets, menés de façon sérieuse.” Le résultat du vote, annoncé le dimanche 11 janvier, a effectivement été serré, avec une abstention, 7 voix pour le dossier rochelais, 4 pour celui de Sea to See, confie à Sailorz le nouveau président de la classe, Timothée Villain-Amirat, qui vient de succéder à Romain Bigot.
Qu’est-ce qui a fait la différence ? “C’est difficile de répondre car les votes étaient à bulletin secret et que les deux projets étaient vraiment très bons, répond ce dernier. La différence fondamentale étant le parcours, ça a sans doute joué, avec un affect particulier à l’idée d’aller au Brésil, même si le dossier des Saintes était hyper intéressant pour ce qu’il proposait au niveau événementiel.”
Parmi les autres critères importants du cahier des charges qui ont pu avoir une influence sur le vote, figuraient les questions budgétaires – “les budgets de fonctionnement étaient très proches, peut-être que La Rochelle avait un petit avantage car le Collectif bénéficie de nombreux soutiens publics”, poursuit Timothée Villain-Amirat -, et les objectifs de réduction de l’impact environnemental. “On avait demandé aux candidats de présenter un bilan carbone prévisionnel, là encore, c’était très proche. On sait que le principal poste est lié aux déplacements des spectateurs et accompagnateurs, le fait d’aller aux Antilles françaises peut avoir un impact plus fort car c’est plus accessible en avion”, ajoute le président d’une classe qui, dans ce domaine de la réduction de l’impact, veut franchir un pas important à horizon 2030.
Denis Hugues conseiller du président
La « victoire » de La Rochelle, acceptée avec fair-play par Gwen Chapalain, a en tout cas été saluée par les élus d’une agglomération qui, selon Antoine Grau, par ailleurs ancien président de la Classe Mini (2004-2009), “veut s’ancrer davantage dans une dimension maritime et a toujours eu un attachement particulier pour la Classe Mini et la Mini Transat, on souhaitait vraiment récupérer cette épreuve.” Les contours de la prochaine édition vont se dessiner dans les prochains mois, ce dernier annonçant d’ores et déjà l’arrivée au poste de directrice de course d’Annabelle Moreau, secrétaire de la Classe Mini, secondée par Claire Renou, à la place de Denis Hugues, qui a annoncé son départ à la fin de la dernière Mini Transat, mais a rejoint le Collectif rochelais “en tant que conseiller direct auprès du président”, précise Antoine Grau.
Un Collectif qui va laisser la place à une nouvelle structure, La Rochelle Grands Événements, filiale de la SAEM La Rochelle Tourisme et Événements, qui portera l’organisation, avec à ses côtés le club de La Rochelle Nautique, le Centre Excellence Voile et la régie du port de plaisance. Le budget envisagé pour la Mini 2027 ? “Il est d’environ un million d’euros, répond Antoine Grau. La communauté d’agglomération met 200 000, Salvador de Bahia et Las Palmas 150 000 chacune en prestations indirectes, les inscriptions rapportent 250 000, il nous reste des partenariats privés à trouver à hauteur d’environ 200 000 euros.”
Partenaire titre des trois dernières éditions, La Boulangère ne rempilera pas. “J’ai longuement discuté avec eux, ils ont finalement décidé d’arrêter le sponsoring voile, précise ce dernier. Nous sommes forcément un peu déçus, mais on compte bien trouver des successeurs, il y a dans le bassin rochelais des grosses entreprises impliquées dans la voile, comme Zeiss, la Macif, Léa Nature et bien d’autres, je pense qu’on est capables d’aller chercher des partenaires de qualité.”