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Classe Mini : creux de la vague mais calendrier dense

Si la saison en Mini 6.50 commence ce 6 mars en Espagne avec la Mini Petrolera, suivie de l’Arcipelago 6.50, c’est la Plastimo Lorient Mini qui la lancera véritablement, le 9 avril. Entre baisse des adhésions et des constructions, nouvelle course dédiée aux pointus et Mini Transat qui change de parcours, Sailorz fait le point.

“527 adhérents en 2023, 576 en 2024 et 474 en 2025, on est dans le creux de la vague, introduit Annabelle Moreau, secrétaire de la Classe Mini depuis 2001. “Et on sait d’ores et déjà que 2026 va être encore un peu à la baisse, poursuit Timothée Villain-Amirat, nouveau président de la classe, qui a succédé en début d’année à Romain Bigot.

La cause de cette tendance qui se confirme ? “Le contexte économique, qui est un peu délicat, répond ce dernier. Et puis il y a toujours eu des cycles de faible et forte affluence, qui durent environ six ans. Lorsqu’il y a beaucoup d’adhérents, la qualification aux courses devient plus compliquée, les prix des bateaux augmentent, autant de paramètres qui peuvent décourager certains marins et donc expliquer la baisse des adhésions. Il faut du temps pour que ça se relance, mais ça devrait repartir car le prix des bateaux d’occasion diminue.” 

En série, il faut ainsi compter aujourd’hui entre 100 000 et 110 000 euros pour un Maxi 6.50 (plan raison) tout équipé, entre 60 000 et 80 000 euros pour un Pogo 3. “Ces derniers étant moins performants que les scows, le marché est toutefois plus compliqué”, relève le président de la classe.

Un marché atone

Si le marché de l’occasion est à la peine, celui du neuf est à l’arrêt. 6 bateaux ont été construits l’an dernier : un proto et cinq séries, loin du quota (20 exemplaires en 2025) fixé par la classe pour faire face à l’explosion du cycle précédent et augmenter la durabilité des bateaux – “On avait eu quasiment une flotte entière construite en deux ans, ce qui n’était pas cohérent au vu du nombre de 6.50 existants”, justifie Timothée Villain-Amirat. Autant dire que pour les chantiers, le coup est dur.

“Nous avons construit trois Maxi l’an dernier et n’avons aucune commande à date, regrette ainsi Denis Bourbigot, le gérant d’IDB Marine, qui, en tout, a sorti 63 unités du plan Raison. Les quotas sont une décision absurde, car on savait que les constructions allaient s’arrêter naturellement, notamment parce qu’il n’y avait pas assez de place sur les courses. Je pense que cela a eu un effet négatif sur l’affluence dans la classe. D’une manière générale, c’est difficile d’avoir un vrai suivi avec un conseil d’administration qui change tous les ans. Personnellement, je n’investirai pas dans de l’outillage pour la construction d’un nouveau bateau pour la classe alors que les règles et les mesures changent sans cesse.”   

Denis Bourbigot fait ici référence à la refonte de la jauge série, sur laquelle travaille actuellement la classe, dans l’objectif de construire des bateaux plus durables. Des réunions avec des professionnels du secteur de la fabrication et de la conception sont ainsi prévues prochainement afin d’élaborer un premier jet de cette jauge en fin d’année.

Des nouveautés dans le calendrier

Du côté du calendrier, il s’enrichit cette année d’une course dédiée aux bateaux d’ancienne génération (séries d’avant 2014 et protos dont la première jauge a eu lieu avant le 31 décembre 2009), La Ministorique du Crouesty, qui s’élancera le 4 septembre. Une première version de cet événement avait été organisée en 2024 par la Société des Régates de Caen-Ouistreham, mais faute d’un nombre suffisant de participants – 11 sur 65 bateaux éligibles -, le club n’avait pas souhaité le reconduire.

Suite à un nouvel appel à candidatures, c’est le Yacht-Club du Crouesty Arzon qui a été choisi pour organiser cette épreuve destinée à revenir les années paires. “Le projet, plébiscité par la dizaine de ministes qui s’entraînent ici, nous plaît car il offre aux pointus une course où ils partent à armes égales“, explique Marc Eymond, président du YCCALe parcours de 500 milles en solo ou en double, “n’est pas encore tout à fait défini, mais il est fort probable que les Scilly soient au programme, ajoute-t-il.

Autre nouveauté dans le calendrier, la Calvados Cup devient une course du championnat de France “afin de la rendre plus attractive et d’amener les skippers à courir ailleurs que le long des côtes bretonnes”, précise le président de la classe, avant d’annoncer que la SAS (Les Sables-Les Açores-Les Sables) change de nom pour devenir la Mini Atlantique “afin de lui donner un caractère plus grandiose”. Enfin les Mini 6.50 sont invités cette année à Palma Vela, course multi-classes qui se dispute en avril à Palma de Majorque.

Changements pour la Mini Transat

Cette densité du calendrier a en partie motivé Julien Letissier (Frérots Branchet) à signer pour une sixième saison et une quatrième Mini Transat en 2027 (4e en 2025 et 3e en 2023 en proto, 14e en série en 2019). “C’est l’un des circuits qui propose le plus de milles dans l’année, souligne le skipper de Port-la-Forêt. Trois autres facteurs l’ont convaincu de continuer : “Mon partenaire souhaitait continuer l’aventure, le marché de l’occasion est compliqué et je ne voulais pas brader mon bateau, mais l’argument déterminant a été le nouveau parcours de la Mini Transat vers le Brésil (les éditions 2027 et 2029 s’élanceront de La Rochelle à destination de Salvador de Bahia, voir notre articlequi se prête bien au projet de foils, auquel nous réfléchissions avec David Raison depuis quelques années” – le bateau en sera équipé en janvier 2027.

Caroline Boule, qui retrouve cette année la barre de Nicomatic Petit Bateau dans l’optique de gagner la Mini Atlantique – “ni Benoît [Marie, son époux, qui menait le bateau l’an dernier, NDLR] ni moi n’avons encore gagné LA grande course de la saison” – trouve également le nouveau parcours “génial pour les foilers”même si sa participation n’est pas encore actée.

Je souhaite que ce parcours soit aussi intéressant pour les skippers que pour ceux qui suivront la course. Mon objectif sera de mettre un minimum de marques pour qu’il y ait le plus d’options possible, sans toutefois étaler trop étaler la flotte sur l’Atlantique car je n’ai que sept bateaux accompagnateurs”, précise Annabelle Moreauqui succède à l’emblématique Denis Hugues à la direction de course.

Tous les milles comptent

Quant à la qualification pour la Mini Transat, si elle ne change pas, la manière de départager les candidats s’ils sont plus nombreux que le quota de places disponibles (90) évolue, puisque désormais, tous les milles parcourus sur les cinq dernières années, quel que soit le bateau sur lequel le marin aura navigué, seront désormais comptabilisés. “L’objectif est de donner une prime à l’expérience et de faciliter le processus d’intégration des nouveaux, en leur permettant de tester le Mini avant de se lancer et d’investir dans l’achat d’un bateau, précise Timothée Villain-Amirat. Autre petit revers de l’ancien système, si tu avais un aléa sur ton bateau et que tu devais changer en cours de route, tu perdais tous les milles que tu avais acquis.”

Parmi les nouvelles mesures cette année, citons également la réintroduction d’une septième voile. Après un passage à six en 2023, la classe a décidé d’autoriser de nouveau un spi lourd de 45 m2 maximum “car beaucoup de skippers avaient débarqué les codes 5, ce qui creusait encore plus l’écart de performance entre pointus et scows”, explique le président. Concernant les inscriptions aux courses, la liste de préférences a été supprimée car elle “avait pour effet néfaste d’inciter les skippers à s’inscrire à toutes les courses afin d’être sûr de naviguer pour engranger assez de milles”, explique Timothée Villain-Amirat. D’où des listes d’attente qui “donnaient de faux espoirs aux organisateurs qui se démenaient pour avoir plus de places, alors qu’au final, il y avait des désistements, d’ailleurs aucune course en 2025 – hormis la Mini Transat – n’a fait le plein“, note Annabelle Moreau.

Reste que si la classe est en légère perte de vitesse, ils sont tout de même 67 duos mixtes – donc 134 marins – déjà inscrits au premier grand rendez-vous de la saison, la Plastimo Lorient Mini, qui s’élancera le 9 avril. Un chiffre qu’envieraient nombre d’organisateurs.

Photo : Manon Le Guen

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