SailGP

Bastien Schupp : “Le bon timing”

DS Automobiles a officialisé jeudi son engagement comme partenaire titre de l’équipe de France de SailGP, une première sur le circuit pour une marque automobile. Sailorz s’est entretenu avec Bastien Schupp, directeur marketing et communication de la marque premium du groupe Stellantis, sur les raisons de ce partenariat.

 

A quand remontent vos contacts avec l’équipe de France de SailGP ?

J’avais rencontré Stephan Kandler une première fois au tout début de l’aventure Orient Express, ils étaient alors à la recherche de partenaires supplémentaires [pour la 37e Coupe de l’America, NDLR]. Le terrain était intéressant, mais nous n’avions pas souhaité nous engager à l’époque, parce que ce que nous recherchions, c’était une opportunité de faire connaître DS de manière beaucoup plus régulière, comme ce que nous faisions déjà via notre engagement en Formula E [partenaire titre de l’équipe DS Penske, NDLR]. Il se trouve que l’an dernier, dans un autre contexte, l’Open de France de golf, dont nous sommes partenaires depuis 2025, est revenu sur la table le sujet SailGP via l’agence IMG, qui nous a pas mal conseillés. Le circuit correspondant beaucoup plus à l’objectif de régularité dont je vous parlais, avec en plus une clientèle et un univers proches du nôtre, j’ai alors repris contact avec Stephan, le timing était bon, le partenariat s’est finalisé en fin d’année calendaire.

 

En quoi ce circuit a-t-il convaincu DS de s’engager auprès de l’équipe de France ?

C’est un circuit très excitant, avec un côté technologique, innovation et vitesse, qui nous correspond bien. D’ailleurs, toutes les personnes à qui nous en avons parlé en interne en leur présentant le projet ont été bluffées par les images, à la fois en raison du côté spectaculaire, proche de la côte, mais aussi de cet aspect technologique. Quand on regarde les documentaires sur ce que font les équipiers à bord du bateau, même ceux qui contrôlent les foils ou la voile ont des ordinateurs, des écrans, des boutons à actionner, ce que l’on n’imagine pas tellement sur des courses aussi courtes et rapides. Nous avons été séduits par cet aspect, mais aussi par l’émotion transmise par ce circuit. Nous cherchions aussi un moyen de renforcer notre lien avec la France. Nous aurions pu imaginer un partenariat qui nous aurait lié au circuit, mais ce qui nous était intéressait, c’était de nous associer à l’équipe de France, pour affirmer DS en tant que marque premium française.

 

Aviez-vous déjà eu des sollicitations auparavant sur des projets voile ?

Oui, nous sommes régulièrement sollicités par toutes sortes de courses et de skippers, parce que le lien entre les automobiles premium et la voile est assez évident, avec une cible haut de gamme et fortunée. Maintenant, les timings ne nous correspondaient pas et je dois dire que nous trouvons le format SailGP très séduisant du fait de la fréquence et de la proximité qu’il crée avec le public. S’engager sur une course, intéressante dans le port de départ mais qu’il faut suivre ensuite à l’écran pendant trois mois nous touche moins, pour être honnête.

 

“Beaucoup de parallèles

entre la Formula E et SailGP”

 

SailGP est un circuit très international, était-ce un élément important pour vous ?

Très important. Le but est de faire connaître DS Automobiles en France, mais aussi partout dans le monde [60% des ventes se font en dehors de la France, NDLR]. Nous sommes aujourd’hui présents dans 40 pays, avec un peu plus de 450 points de vente, et même si nous ne sommes pas représentés dans tous les pays où ont lieu les Grands Prix, de la même manière que ce que l’on fait sur la Formula E, c’est intéressant pour nous de pouvoir mélanger la visibilité à la télévision et l’événementiel sur place avec la possibilité d’inviter des clients, ce qui leur permet de découvrir les coulisses, de rencontrer les acteurs, ça leur donne un côté très privilégié qui nous est très utile.

 

C’est aussi un circuit qui attire de gros investisseurs, dont des stars hollywoodiennes ou des sportifs, à l’instar de Kilian Mbappé pour l’équipe de France, là aussi, est-ce un argument qui a pu compter dans votre engagement ?

Indirectement, oui. Encore une fois, nous voyons beaucoup de parallèles entre la Formula E et SailGP, qui sont, quand on est dedans, des championnats très prenants et excitants, mais ne sont pas encore très connus, même si on peut parler de forces montantes. Ce côté investisseurs nous rassure en tout cas sur le potentiel de croissance de la discipline et sur le fait qu’ils vont en parler. S’ils y mettent de l’argent, c’est qu’ils croient au développement de ce circuit. Autre aspect qui a joué pour nous, l’Impact League : nous sommes bien sûr engagés dans la transition écologique à travers nos véhicules électriques, c’est important d’être dans une discipline écologiquement très engagée.

 

Comment comptez-vous activer ce partenariat ?

Il y aura évidemment une activation sur place via les invités sur les événements, il y aura aussi une activation en interne à travers des challenges vendeurs pour faire gagner des places, ça peut être par exemple à New York. On va évidemment faire du storytelling commun et communiquer sur nos réseaux sociaux tout au long de l’année pour aider à faire connaître SailGP, sachant que nous avons une certaine force de frappe. A côté de ça, sommes aussi en train d’étudier avec l’équipe de France ce qu’il peut y avoir comme transferts technologiques potentiels, sachant qu’il y a beaucoup de parallèles entre nos deux univers : l’aéro évidemment, les matériaux légers et avancés, la data, autant de domaines dans lesquels nous devons pouvoir collaborer et raconter des histoires. Dans un monde idéal, il y a de vrais transferts dans les deux sens, une des activations probables serait de faire une série limitée DS/SailGP France. Nous avons prévu très prochainement des séances de travail à Lorient, nous mettrons d’ailleurs des véhicules à disposition de l’équipe, mais tout ça est vraiment très frais, nous nous sommes dépêchés pour pouvoir annoncer ce partenariat avant Perth et être présents sur le bateau en Australie.

 

“On s’est engagés

sur le long terme”

 

Il n’y aura finalement pas de Grand Prix de France cette année, remplacé par celui de Suisse à Genève, vous le regrettez ?

Nous le regrettons absolument ! D’ailleurs, quand j’ai présenté le projet et le calendrier hier (mercredi) aux collaborateurs, je leur ai dit que Genève serait traité comme notre Grand Prix, de la même manière qu’on utilise le Grand Prix de Formula E de Monaco comme la course française, ce sera le plus simple en termes de proximité. Visiblement, des impératifs d’organisation ont empêché la tenue du Grand Prix de France cette année, mais a priori, c’est prévu pour 2027.

 

Sportivement, quelles seront vos attentes ?

La victoire ! Ce serait idiot de s’engager si on n’y croyait pas. Quand on regarde les résultats, l’équipe de France a été dans les cinq premiers régulièrement ces dernières années, a remporté plusieurs Grands Prix. Etant donné que technologiquement, les bateaux sont identiques, ça se joue sur les équipes, les skippers, et dans ce domaine, les Français sont bien armés, avec notamment Quentin (Delapierre) et le nouveau team manager, Philippe Presti. Je pense qu’il est tout à fait envisageable de les retrouver au minimum sur le podium, donc en finale, en fin d’année à Abu Dhabi, et d’être champions à terme. On y croit et c’est aussi pour ça qu’on est engagés sur le long terme [la durée n’est pas précisée, NDLR].

 

Le CEO de l’équipe, Bruno Dubois, nous parlait la semaine dernière d’un budget de fonctionnement autour de 7 millions d’euros, quelle part prenez-vous ?

Nous sommes le partenaire majeur, donc nous investissons un budget conséquent que nous ne communiquons pas, mais nous sommes très contents de faire cet investissement pour faire connaître la marque DS et aider SailGP à gagner en notoriété.

 

K-Challenge sera également sur la Coupe de l’America avec une partie de l’équipe de SailGP France, pourriez-vous aussi les accompagner sur ce projet ?

Je ne peux pas l’exclure à ce stade, mais ce n’est vraiment pas notre objectif, SailGP est notre focus absolu, un investissement important.

Photo : France SailGP Team

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