2026 Lanzarote International Regatta, 
© Sailing Energy /  LIR
05 February, 2026

Voile olympique : une saison 2026 pour se lancer vers les jeux

La saison de voile olympique vient de débuter avec le test-event du championnat du monde 2027 de Fortaleza, lors duquel Lauriane Nolot a pris la troisième place en kitefoil, et la Lanzarote International Regatta, marquée notamment par la victoire du duo Erwan Fischer/Clément Péquin en 49er. L’occasion pour Sailorz de faire le point sur les ambitions de l’équipe de France en 2026.

Entre le Brésil, les Canaries, Marseille et les autres pôles d’entraînement, les athlètes français lancés dans une préparation olympique en vue des Jeux Los Angeles 2028 peaufinent actuellement celle de la saison 2026, qui débutera par un premier rendez-vous importantle championnat de France Elite. Relancé cette année par la Fédération française de voile, il réunira du 18 au 22 février à Marseille environ 150 équipages sur les dix séries olympiques.

“Cela faisait une vingtaine d’années que ce championnat de France n’avait plus lieu, on s’est dit qu’avec l’héritage olympique exceptionnel de la base Florence-Arthaud à Marseille, c’était la bonne année pour le relancer, explique Loïc Billon, manager de l’équipe de France depuis l’an dernier, aux côtés de Franck Citeau, manager de la performance. C’est l’occasion de rassembler toutes nos forces vives et nos cellules de performance, de faire une revue d’effectif, et notamment de voir si des jeunes se révèlent. Mais aussi de tester les nouveaux formats de course (*) de l’olympiade de Los Angeles, avant de lancer officiellement la campagne de préparation aux épreuves internationales, qui débutera en avril avec la Semaine de Palma.”

Qu’en pensent les athlètes ? C’est plutôt une super idéenous répond Aloïse Retornaz, engagée depuis l’an dernier dans un nouveau projet olympique avec Tim Mourniac en Nacra 17 (voir notre interview). C’est quelque chose qui manquait, nous étions une des rares disciplines à ne pas avoir de championnat de France, et c’est un bon moyen de tous se retrouver, ça va donner une dynamique nationale et permettre de créer des moments de cohésion.” Pour Clément Péquin, vainqueur jeudi avec Erwan Fischer de sa première compétition de l’année en 49er, la Lanzarote International Regatta (photo)“c’est bien d’avoir un championnat de France tous les ans, même si je trouve que c’est un peu tôt dans la saison. Et pour le palmarès, c’est toujours important de remporter un titre de champion de France“.

Quiberon accueillera des Mondiaux

La suite de la saison passera par les étapes traditionnelles du Sailing Grand Slam (ex World Cup), à savoir le Trofeo Princesa Sofia à Palma, la Semaine olympique française d’Hyères, la Dutch Water Week et la Kieler Woche, auxquelles s’ajoutera un rendez-vous sur le plan d’eau des JO de Los Angeles en juillet, la Long Beach and San Pedro OCR (voir ci-dessous). Mais comme l’année dernière, c’est sur les championnats du monde par série que seront surtout attendus cette année les Tricolores. Premier rendez-vous en mai pour le kitefoil (du 9 au 16 à Viana do Castelo, Portugal) et à Quiberon (12-17 mai) pour les Nacra 17, 49er/49er FX, les autres Mondiaux auront lieu en août pour les 470 (10-17, Enoshima, Japon) et les ILCA 7 (23-30, Dun Laoghaire, Irlande), en septembre pour les ILCA 6 (5-12, au même endroit) et les iQFoil (4-12, Weymouth, Angleterre).

Des rendez-vous d’ores et déjà cochés par les athlètes que nous avons interrogés, en particulier les Mondiaux de Quiberon. Un Mondial en France, ça ne m’est jamais arrivé, confirme Aloïse Retornaz. En plus, pour Tim, ce sera à domicile, à Quiberon, on est assez impatients d’y être, on a envie de marquer les esprits à la maison.” Même enthousiasme chez Clément Péquin : “C’est super sympa de jouer ce Mondial devant la famille et les partenaires, j’ai l’impression qu’il y a une grosse organisation qui se monte en interne. Ça sera forcément synonyme de pression supplémentaire, mais on aura à cœur de signer un podium, voire de récupérer notre titre (ils ont été sacrés en 2024 et ont terminé 11e en octobre dernier à Cagliari).”

Pour Lou Berthomieu, qui fait équipe depuis l’an dernier avec Mathilde Lovadina en 49er FX après avoir disputé les Jeux de Paris en Nacra 17 avec Tim Mourniac, “c’est clairement l’objectif principal de la saison, qui va nous permettre de réellement se jauger par rapport à la flotte mondiale. Mais on a aussi une vision à plus long terme, qui est la sélection de la nation pour les Jeux en 2027, donc on se dit aussi qu’on se donne une grosse année de travail pour continuer à faire grandir notre équipage.”

L’enjeu financier

Comme en 2025, ces championnats du monde par série serviront de juges de paix pour faire partie de l’équipe de France, avec “normalement les mêmes critères”, selon Loïc Billon, à savoir faire un top 6. Ce qui explique que cette année, cette équipe est assez resserrée, composée de seulement neuf marins qui ont coché la case de la sélection. “On espère que d’autres l’intégreront l’an prochain”, ajoute le manager, en faisant référence à ceux qui font partie du “groupe France performance et de l’équipe de France jeunes, soit en tout plus de 50 athlètes en préparation pour les Jeux de 2028 et 2032”.

En attendant, seuls les neuf retenus bénéficient en 2026 du plein soutien fédéral, ce qui ne les empêche pas de chercher des partenaires complémentaires, ce qui est par exemple le cas d’Erwan Fischer et Clément Péquin. “Pour avoir tout ce qu’on veut au niveau matériel, intervenants extérieurs et déplacements, il nous faut 100 000 à 120 000 euros par an, commente ce dernier. La Fédé nous soutient énormément, mais ne peut pas subvenir à 100 % de nos besoins.”

Pour ceux qui sont dans le groupe performance, la marche budgétaire est forcément plus haute, à l’instar de Lou Berthomieu, qui évoque de son côté un budget annuel de 150 000 euros : “Contrairement à l’année dernière, on n’est pas en équipe de France, donc on n’a pas autant d’aide de la part de la fédération, c’est plus tendu, on fait attention à toutes les dépenses. Mais fondamentalement, ça ne change pas grand-chose, dans la mesure où on est dans une discipline où il faut disposer d’un apport financier assez important pour performer. Avec Mathilde, c’est vraiment un projet qu’on porte nous-mêmes, avec nos sponsors, mécènes et parents, c’est notamment grâce à eux qu’on a pu s’entraîner cet hiver à Vilamoura au lieu de rester à Marseille.”

La règle du jeu semble bien acceptée par une autre concurrente en 49er FX, Amélie Riou, qui a changé d’équipière cet hiver, Manon Peyre ayant succédé à Lara Granier, le duo nouvellement constitué visant “un top 15” aux Mondiaux de Quiberon : “Ce n’est pas parce qu’on n’est pas en équipe de France qu’il faut verser dans un scénario mélodramatique. C’est peut-être un peu plus dur financièrement, mais c’est important d’avoir des critères exigeants, parce que ça nivelle par le haut, il faut le prendre comme quelque chose de challengeant. Et puis, la Fédé nous met quand même des moyens à disposition.”

Un encadrement renforcé

Reste que pour cette saison, les FX tricolores, tout comme les ILCA 7 et les iQFoil femmes, seront privés du soutien fédéral pour le déplacement en juillet prochain à Los Angeles, où sont programmés entraînements et régates sur les plans d’eau olympiques. “C’est un choix que nous avons fait au regard des performances de 2025, mais aussi pour des considérations budgétaires, justifie Loïc Billon. On a ciblé cette année en priorité certaines séries en augmentant les moyens mis à leur disposition, mais ça ne veut pas dire que la porte est fermée pour les autres à l’avenir.”

L’encadrement de l’équipe de France a effectivement été renforcé, avec, en plus des entraîneurs nationaux par série, l’ajout ponctuel cette année “de spécialistes experts”, selon les mots de ce dernier, et une cellule de data scientists qui accueillera de nouveaux venus, dont Benoît Augier (en vertu d’une convention avec l’Ifremer) ou l’ancien double vainqueur du Tour Voile, Valentin Sipan“Dans chaque série, on veut constituer un trio manager-expert-data scientist, poursuit Loïc Billon. Pour les experts, ça répond à des domaines identifiés par les athlètes et les entraîneurs, on accueille par exemple cette année Camille LecointreStéphane Christidis ou Thomas Goyard.”

Le budget alloué au programme olympique cette année ? “Au total, il est de l’ordre de 5 millions d’euros, dont 2,7 millions versés par l’Agence Nationale du Sport. Il est en légère augmentation, mais on va avoir des dépenses plus importantes, parce que le déplacement à Los Angeles coûte cher”, répond le manager. Ces moyens doivent en tout cas servir à mettre l’équipe de France sur de bons rails en vue d’une année 2027 décisive, puisque se joueront alors les quotas olympiques dans les dix séries, en particulier sur les deux Mondiaux World Sailing, en janvier à Fortaleza (Brésil, supports solitaires), à l’été à Gdynia (Pologne, supports doubles).

(*) Les formats de Los Angeles seront les mêmes en kitefoil et iQfoil (qualifications, quarts, demi-finales et finale), tandis que pour les autres séries, la phase de qualifications sera suivie de deux medal races (réunissant les dix premiers), au lieu d’une seule qui comptait double.

Photo : Sailing Energy / LIR

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