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Into The Wind #134
Ecoutez Mathieu Blanchard
C’est un épisode d’Into The Wind un peu particulier, puisque nous y accueillons un ultra-trailer venu se frotter au monde de la course au large : Mathieu Blanchard. Athlète de référence (deux podiums à l’UTMB, vainqueur, entre autres, de la Diagonale des Fous et de la Yukon Arctic Ultra), nourri à l’endurance extrême et à l’exploration de soi, il bascule ici dans un univers radicalement différent, celui de l’Imoca de Conrad Colman, le temps d’une Transat Café L’Or épique. L’échange s’ouvre sur ce décalage : celui d’un athlète aguerri qui découvre, presque naïvement, la violence spécifique de la course au large, et met en lumière une discipline dont les codes et la dureté sont souvent banalisés par ceux qui la pratiquent.
Le projet naît d’une opportunité, mais s’ancre dans une trajectoire personnelle plus profonde : une enfance marquée par l’univers marin, puis une fascination tardive pour la voile de compétition. Rapidement, la réalité rattrape la projection. Formation accélérée, apprentissage technique, adaptation physique : Blanchard entre dans un monde où l’erreur se paie immédiatement. La découverte de l’Imoca, machine à la fois sophistiquée et spartiate, révèle un contraste brutal avec son sport d’origine : ici, la performance passe par la maîtrise d’un système complexe autant que par la résistance du corps.
La course elle-même agit comme un révélateur. Dès le départ, les conditions extrêmes et les avaries plongent Blanchard dans une logique de survie. Privé de sommeil, confronté au mal de mer et à une fatigue cumulative, le trailer des Deux-Alpes décrit une expérience limite, loin de l’image héroïque souvent associée aux marins. Son témoignage, notamment via ses récits en mer, introduit un regard extérieur rare : celui d’un athlète de haut niveau qui redécouvre la notion d’inconfort absolu et requalifie la performance des navigateurs.
Une fois la tempête passée, l’expérience bascule. Le rythme s’apaise, laissant place à l’apprentissage, à la contemplation et à une forme de reconnexion au temps long. Blanchard y retrouve des mécanismes familiers issus de l’ultra-endurance : gestion mentale, cycles de fatigue, adaptation permanente. Mais il en tire aussi des enseignements nouveaux, notamment sur le sommeil fractionné et la dimension collective de la performance, inhabituelle dans une discipline individuelle comme le trail.
Au terme de la traversée, le bilan est lucide. L’expérience a déplacé ses repères, sans pour autant redéfinir son cap. Si la voile reste un terrain d’exploration, elle apparaît moins comme un objectif de performance que comme un prolongement d’une quête plus large : celle de l’aventure.
Diffusé le 20 mars 2026
Photo : Gauthier Lebec/Charal Sailing Team
Photo : Eloi Stichelbaut/Dongfeng Race Team
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