Spi Aluula

Comment Aluula a développé un nouveau matériau pour les spis d’Imoca – article sponsorisé

En novembre 2025, la victoire sur la Transat Café L’Or de Jérémie Beyou et Morgan Lagravière en Imoca à bord de Charal a été marquée par une innovation discrète, qui a cependant attiré l’œil des spécialistes : un spinnaker confectionné à partir du FA58, tissu polyéthylène Aluula, nouveau matériau, conçu et fabriqué au Canada, qui pourrait bien changer la donne dans l’univers de la voile de compétition.

Tout commence en 2017 à Victoria, en Colombie-Britannique, chez Ocean Rodeo, spécialiste des sports de glisse, qui cherche une alternative, à la fois plus légère et plus rigide, pour les bords d’attaque gonflables de ses ailes de kitesurf et de wingfoil. La réponse vient du polyéthylène, le polymère à la plus faible densité connue. Le hic, c’est que « pour faire adhérer quoi que ce soit au polyéthylène, il fallait normalement passer par une phase de collage, ce qui posait des problèmes de durabilité et de poids », explique Tyler Cuthbert, Chief Scientific Officer d’Aluula.

L’équipe Aluula met alors au point un procédé qui « permet la fusion directe entre un fil de tissu polyéthylène haut module et des films sans la moindre colle, pour un résultat extrêmement léger, solide et rigide« . Le matériau qui en résulte, baptisé Aluula, présente bien des avantages : non seulement, il est totalement hydrophobe – la voile conserve son poids, même mouillée -, mais en plus l’absence d’adhésif élimine le risque de délaminage, principal mode de dégradation des voiles composites traditionnelles, tandis que la résistance d’Aluula aux UV, au ragage et au pliage, prolonge la durée de vie« Nous avons réussi à mettre au point un matériau qui ne s’étire pas, ne se déforme pas et conserve ses propriétés initiales plus longtemps », résume Tyler Cuthbert.

Autant d’atouts à même de séduire les voileries et les teams professionnels, confrontés aux limites des matériaux existants pour les spis équipant, par exemple, les Imoca. Alors chargé de concevoir le spi de CharalQuentin Ponroy, aujourd’hui sail designer chez Incidence Sails, a ainsi pu essayer courant 2025 un spi made in Aluula avec l’équipe BeYou Racing« Sur les Imoca, qui génèrent des efforts très importants, le nylon ou le polyester, qui ont très peu évolué depuis des années, montraient leurs limites : leur allongement sous charge déformait la voile par rapport au dessin originel des voiliers, raconte-t-il. Lors du premier test avec le nouveau spi Aluula, la tenue de forme de la voile en dynamique était bien meilleure. »

Et à l’usage, le matériau, par ailleurs beaucoup plus facile à recycler qu’une membrane classique car monocomposant, a confirmé son potentiel : « À résistance égale, il est environ 50 % plus léger qu’un tissu traditionnel, on a vraiment le sentiment de faire un grand pas en avant », poursuit Quentin Ponroy. « La stabilité gagnée sur le guindant permet en outre de concevoir des voiles plus plates, adaptées à des angles plus serrés, et d’élargir leur plage d’utilisation« , estime de son côté Stéphane Fauve, ingénieur qui travaille avec Aluula depuis quelques années sur la R&D associée au transport maritime et aux voiles. De quoi redonner de l’intérêt au spi, de plus en plus délaissé sur les Imoca de dernière génération.

Le team MACSF de Corentin Horeau a d’ailleurs passé à son tour commande d’un spi fabriqué avec le matériau développé par Aluula, tandis que Pierre-Antoine Morvan, responsable du pôle course au large et superyachts chez Incidence Sails, souligne : « Ces premiers succès confirment le potentiel d’Aluula comme solution haute performance pour les applications de course au large. Nous avons l’intention de continuer à investir dans le développement et l’intégration de cette technologie. »

Parallèlement, l’équipe canadienne travaille sur une nouvelle méthode d’assemblage, la soudure. Baptisée no-sew construction, cette technique crée des jonctions plus solides que le matériau lui-même, en éliminant coutures et bandes de renfort, « ce qui pourrait encore optimiser la performance et le poids des voiles », précise Quentin PonroyDes gains de poids de l’ordre de 15 % ont d’ailleurs déjà été constatés sur des ailes de wing ou de kite. « Sur les superyachts, où les surfaces de voile peuvent être particulièrement importantes, ça peut représenter des gains très significatifs, en facilitant la manutention des voiles tout en réduisant le poids dans les hauts », explique Tyler Cuthbert.

Cette méthode simplifie également les réparations en mer, puisqu’un simple fer chauffant suffit pour souder une réparation durable. La même technologie d’assemblage ouvre aussi des possibilités intéressantes au-delà des voiles, notamment pour fabriquer des sacs à voiles ou de pont, poches et lazy-bags hydrophobes, ultra-légers et très résistants.

Avec ces innovations, Aluula, devenue une entreprise indépendante lors de son entrée en bourse au Canada et aux Etats-Unis en 2023 (25 collaborateurs aujourd’hui) et qui s’apprête à ouvrir une nouvelle unité de production à Vancouver, affirme ses ambitions sur le marché de la voile de compétition, des Imoca aux superyachts.

Photo : Bertrand Pacé


Sponsorisé par :Aluula 

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