Fondé en 2015 par deux anciens cadres de B&G, Hugh Agnew et Richard Tinley, d’où son nom, A+T Instruments a fait le choix d’entrée de se positionner sur le marché de l’électronique haut de gamme, en particulier dans l’univers de la voile de compétition.
L’entreprise britannique, qui compte aujourd’hui une quinzaine de salariés à Lymington, est ainsi devenue une référence sur le marché des superyachts : lors de la dernière Maxi Yacht Rolex Cup à Porto Cervo, Leopard 3, champion du monde en classe Maxi 1, naviguait avec des instruments A+T à bord (processeur, écrans et girouette), même chose pour le Gunboat 80 Highland Fling, vainqueur dans la catégorie multicoque. A+T équipe également de nombreux Imoca – par exemple, Macif Santé Prévoyance, vainqueur du dernier Vendée Globe, avait une girouette A+T.
La gamme dépasse d’ailleurs largement les girouettes-anémomètres qui ont fait la réputation de la marque, celle-ci proposant notamment des écrans multifonctions parfaitement étanches. « Beaucoup de professionnels de la course au large ne nous connaissent que pour les girouettes, et quand je leur explique le reste, ils sont surpris », explique Joe Lacey, responsable new business development chez A+T et lui-même marin – il a couru en Mini 6.50 et Class40, mais également terminé sur la troisième marche du podium de la dernière Cap Martinique en double.
Ce dernier, basé à Carnac, a rejoint A+T en juin dernier, l’entreprise souhaitant accélérer son développement en France. Il s’est ainsi vu confier deux missions bien précises : structurer les partenariats en course au large et faire entrer A+T dans les listes d’options des chantiers de série français sur des unités haut de gamme. Pour y parvenir, l’entreprise a non seulement décidé de muscler son réseau de distribution, historiquement concentré dans le sud de la France autour du marché du superyacht, mais également développé une vraie stratégie marketing, avec une ambition affichée : atteindre 30 % du segment le plus premium du marché mondial de l’électronique de plaisance.
En dix ans, les produits A+T se sont forgé une réputation de fiabilité, due notamment à des choix de conception forts. Sur les girouettes, tous les roulements sont ainsi en céramique, ce qui réduit les frictions et stabilise plus vite la mesure du vent. Même logique sur les écrans, dont les boîtiers sont usinés en CNC plutôt que moulés par injection et qui subissent tous un test d’immersion de 24 heures avant expédition. « Beaucoup de marques se contentent d’une résistance aux embruns, sans être réellement étanches en cas de submersion complète », précise Joe Lacey.
Ce soin apporté à la conception se retrouve également dans le service fourni aux clients : les produits A+T sont garantis trois ans (les girouettes deux ans), mais surtout pensés pour être réparés plutôt que remplacés, de nombreuses pièces détachées étant disponibles. « Ce n’est pas notre philosophie de jeter un instrument« , confirme ce dernier. Le support technique va jusqu’à la prise en main à distance, processeurs et pilotes A+T étant reliés à un serveur web, auquel l’équipe technique peut se connecter depuis son bureau pour effectuer des calibrations ou résoudre un quelconque problème. « C’est un service qu’on propose gratuitement à tous nos clients« , assure-t-il.
Sur le marché des pilotes automatiques pour la course au large, A+T, qui a développé ses propres pilotes pour la plaisance, a par ailleurs fait le choix de la coopération : « Comme il y a déjà des acteurs qui font ça très bien, on préfère être leurs partenaires plutôt que leurs concurrents« , explique le responsable new business development. L’entreprise fournit ainsi des écrans et capteurs compatibles avec les logiciels des spécialistes français Pixel sur Mer et Madintec, jusqu’à développer des pages d’affichage sur mesure pour répondre aux besoins spécifiques des équipes.
De quoi proposer un large catalogue de produits et services sur un marché de l’électronique haut de gamme qui exige fiabilité et précision.
Photo : A+T Instruments
