Paprec Yoann

La carène du futur Paprec dévoilée

L’équipe Paprec a dévoilé vendredi et lundi les grandes lignes du futur Imoca de Yoann Richomme, attendu en mars 2027. Sailorz vous en dit plus.

Une présentation parisienne au siège de Paprec le vendredi 11 septembre, une autre au chantier Multiplast le lundi 14, en présence également de l’équipe 4CAD de Benjamin Dutreux, qui construit un sistership, le team Paprec a dévoilé en deux temps la carène de l’Imoca sur lequel Yoann Richomme prendra, le dimanche 12 novembre 2028, le départ de son deuxième Vendée Globe.

En préambule de la présentation parisienne, à laquelle Sailorz a assisté, Sébastien Petithuguenin, vice-président du groupe Paprec (4 milliards d’euros de chiffre d’affaires en 2026, pour 20 000 collaborateurs), a expliqué que le groupe avait fait « le choix fort de se passer de l’exposition médiatique de la Route du Rhum 2026 pour offrir du temps aux concepteurs d’aller chercher ce qui marche« .

Si la décision de construire un bateau neuf avait été annoncé à Yoann Richomme en plein océan Indien, pendant le dernier Vendée Globe (dont il a pris la deuxième place derrière Charlie Dalin), elle a été officialisée le 5 juin 2025 (voir notre article), un mois avant la remise des plans de coque au chantier Multiplast par le cabinet Antoine Koch Océan, déjà à l’œuvre sur le précédent Imoca.

Des plans sur lesquels le team Paprec, fort de 20 milliards de données collectées sur le Vendée Globe 2024, a davantage planché que lors de la conception de Paprec Arkéa (devenu MACSF). « Il y a quatre ans, on était moins moteurs car on avait pris le train en marche à partir du design du bateau de Thomas Ruyant, là, on avait beaucoup plus d’expérience pour accompagner l’architecte« , confirme Yoann Richomme.

Trois bouchains et une carène très fine

L’objectif du futur Paprec ? « On était satisfaits du comportement du bateau au portant dans la brise, mais on avait quelques trous par rapport à Macif, on avait notamment plus de mal à se lancer et à accélérer au près, répond le double vainqueur de la Route du Rhum (en Class40) et de la Solitaire du Figaro. Donc on voulait combler ce déficit tout en gardant nos qualités, c’était un entre-deux difficile à trouver. On a fait beaucoup de calculs et de simulations, on a dû tester une cinquantaine de carènes. Un autre objectif était d’éviter au maximum les arrêts-buffets dans les vagues, de garder le maximum de vitesse et de contrôle dans la mer formée. »

Le résultat de ces cogitations et multiples simulations donne  » une carène qui se rapproche de celle d’un bateau à moteur », ajoute Yoann Richomme, avant de détailler : « La solution qu’on a trouvée, c’est trois lignes de bouchain, contre une seule auparavant, qui courent sur toute la longueur du bateau. Ça complique énormément la construction, car ce n’est vraiment pas simple de faire des angles carrés, mais ça permet de générer plus de force de décollage, et dans les vagues, au lieu de passer en-dessous, d’évacuer l’eau sur les côtés, tout en évitant de mouiller le pont, sachant que l’eau pèse et colle. »

Deuxième particularité de la carène du futur Paprec, que le skipper voit comme « une V3 » de son précédent bateau, là où TRR et Malizia 4, sortis cette année (également plan Koch) seraient une V2, une largueur réduite à son maximum, « quasiment identique à celle d’un Class40 » (4,50 mètres maximum pour un Class40, qui mesure 6 mètres de moins !). « Avant, on faisait des coques très larges, car tu cherchais la puissance par la carène ; aujourd’hui, ce sont les foils qui sont les plus importants. Et plus ils sont efficaces, moins tu as besoin du flotteur, le but, une fois que tu as décollé, c’est de traîner le moins possible. Avec une coque en U plus fine, tu t’appuies sur les coins et réduis la surface mouillée. Et comme la largeur max imposée par l’Imoca est calculée avec les foils déployés, si ta carène est moins large, tu peux augmenter la surface des foils. »

Terminée le 11 septembre, cette nouvelle coque va être pontée avant la fin du mois à Vannes, les techniciens du team Paprec commenceront alors à installer les systèmes. Le bateau rejoindra son hangar à Lorient en fin d’année, avant une mise à l’eau prévue en mars et une première course, la Course des Caps, fin juin.

Photo : Adrien Nivet/polaRYSE

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